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poisons et molécules végétales

Oubaïne (=strophantine)

C’est un hétéroside cardiotonique de formule brute C29H44O12 extrait pour la première fois par Arnaud en 1888 de lianes et des racines d'un arbre qui pousse en Abyssinie, l'ouabaïo, Acokanthera ouabaio, de la famille des apocynacées. L'ouabaïne (ou G-strophantine) se trouve aussi dans les graines d'autres apocynacées comme le Strophantus gratus. C’est une molécule très toxique et cardiotonique.

Pour l'extraire, on débite le bois de l'ouabaïo en petits copeaux qu'on épuise par de l'eau chaude ; après filtration, on traite par l'alcool à l'ébullition ; on évapore et on obtient des cristaux (3 g pour 1 kg de bois). À partir du Strophantus, on pulvérise les graines, on épuise à l'alcool que l'on élimine ensuite par distillation, on traite le résidu par l'eau et on évapore à sec. Dans chaque cas, on obtient des lamelles rectangulaires, incolores et peu amères, fondant vers 200C environ, peu solubles dans l'eau froide, très solubles dans l'eau bouillante et dans l'alcool, insolubles dans le chloroforme et dans l'éther.

La strophantine doit son nom à Strophanthus gratus dans les semences desquelles elle est présente. Elle provient de diverses plantes africaines du genre Strophanthus et de la famille des Apocynacées.

Sa structure chimique, sa toxicité et ses propriétés pharmacologiques sont à rapprocher de celles des autres hétérosides cardiotoniques (hétérosides des digitales, ceux du muguet de mai, ceux de Nerium oleander, le laurier-rose, ceux d'Urginea maritima, la squille de mer, etc.).

De nos jours, la strophantine n'est plus commercialisée ni en Belgique, ni en France, ni en Suisse.

Les indigènes africains utilisaient les Strophanthus comme poison pour leurs flèches.

Les propriétés pharmacologiques des Strophantus ont été découvertes en 1859 après la contamination accidentelle de la brosse à dents du biologiste Kirk de l'expédition Livingstone. En 1862 le pharmacologue et clinicien écossais Thomas Fraser, réussit à isoler la k-strophanthine de Strophanthus kombé. En 1885 l'extrait de Strophanthus kombé est introduit comme médicament cardiotonique (Tinctura strophanthia). En 1888 le chimiste français Arnaud isole la g-Strophanthine de Strophanthus gratus et d'Acokanthera ouabaio, qui est commercialisée à partir de 1904.

 

 

 

Le curare

Le curare est une substance extraite de certaines lianes d'Amazonie, notamment Chondodendron tomentosum et Strychnos toxifera , qui provoque une paralysie des muscles. Il fut utilisé par certains Amérindiens et Aborigènes comme poison pour enduire les flèches.

 

Au XVIIIe siècle, José Gumilla nomma le curare et décrivit ses effets : les sud-Amérindiens en enduisaient les flèches qu'ils lançaient avec une sarbacane pour chasser. Le gibier était empoisonné par paralysie musculaire quelques instants après avoir été touché, ce qui évitait d'effrayer les autres cibles potentielles. La consommation de la viande restait possible, le curare n'étant pas actif en cas d'ingestion. C'est Charles-Marie de La Condamine qui en rapporta les premiers échantillons connus, en 1745.

Dès 1943, Oscar Wintersteiner et James Dutcher isolèrent la d-tubocurarine du Chondodendron tomentosum.

Par extension, un curare désigne un médicament aux propriétés curarisantes, utilisé en anesthésie pour provoquer un relâchement musculaire. Les indications pour l'administration d'un curare sont :

·              faciliter l'intubation trachéale ;

·              diminuer le tonus musculaire pour faciliter une intervention chirurgicale ;

·              faciliter la ventilation mécanique

·              supprimer les contractures musculaires, par exemple dans la sismothérapie.

Les curares sont parmi les substances utilisées en anesthésiologie qui exposent au plus grand risque de réaction allergique grave. La paralysie qu'ils entraînent rend l'assistance respiratoire indispensable, et l'impossibilité de réaliser cette assistance peut entraîner des conséquences dramatiques.

Atropine ou acide x-phénylacrilique

Isolée pour la première fois en 1833, l'atropine est un alcaloïde présent dans diverses plantes de la famille des solanacées, comme la belladone, le datura, la jusquiame et la mandragore, (des solanacées dites vireuses).

Au niveau périphérique, elle provoque surtout des effets parasympatholytiques. Ainsi, elle provoque une accélération cardiaque, une diminution des sécrétions (sueur et salive), un relâchement des muscles lisses et une mydriase (augmentation du diamètre de la pupille) prononcée. Cette dernière propriété est mise à profit en ophtalmologie pour faciliter l'examen de l'œil.

L’atropine a aussi été utilisée contre certaines attaques chimiques.

C'est le médicament de choix, par voie intraveineuse ou sous-cutanée, contre le malaise vagal. L'atropine est également utilisée pour accélérer la fréquence cardiaque en cas de bradycardie transitoire et lors de certains troubles de la conduction cardiaque notamment lors d'un infarctus du myocarde.

L'atropine s'utilise aussi pour diminuer les tremblements chez les parkinsoniens, contre le mal des transports, et comme antidote à certaines intoxications (gaz neurotoxiques à usage militaire, pesticides, etc.)

Sa durée d'action est relativement courte.

Ses effets secondaires sont :

Sécheresse de la bouche et de la peau, hypertonie oculaire, constipation, élévation de la température corporelle, Vision trouble pour la lecture de près (arrêt de l'accommodation), inhibition de nombreuses sécrétions physiologiques (Sécrétions nasales, bronchiques, pancréatiques, gastriques, etc.), et accentuation des sensations douloureuses.

L'atropine peut provoquer une grave intoxication à la dose de 10 mg (ce qui représente plus de dix fois la dose habituelle), qui peut ensuite provoquer la mort par dépression de la respiration et par dépression du système cardio-vasculaire. À doses importantes, elle stimule d'abord, puis induit excitation et délire en perturbant la mémoire avant de provoquer une paralysie, un coma, puis la mort.

Cicutine

La cicutine est un Alcaloïde toxique présent dans la ciguë et utilisé comme analgésique, anticonvulsif et antispasmodique. La cicutine prise en trop fortes doses provoque des effets secondaires tels que troubles digestifs, vertiges, céphalées, etc.

 

Colchicine : C22H25NO6  

La colchicine est un alcaloïde tricyclique très toxique, extrait au départ de colchiques (plantes du genre Colchicum), principalement le colchique d'automne. Elle  a été isolée en 1820 par des chimistes français.

Initialement utilisée pour le traitement des rhumatismes, en particulier l’arthrite goutteuse pour ses effets anti-inflammatoires et le soulagement de la douleur que cela provoque; elle était également prescrite pour ses effets cathartiques et émétiques. Elle empêche le dépôt d’acide urique dans les articulations. De nos jours, son rôle se limite au traitement de la goutte (surtout les crises aiguës), de la Fièvre Méditerranéenne Familiale (FMF), la polychondrite chronique atrophiante

La colchicine a également des applications dans le traitement des péricardites récidivantes ou récalcitrantes. (Elle peut aussi être indiquée dans le traitement de cancers (pour ses propriétés antimitotiques).

Les effets indésirables de la colchicine peuvent être parfois graves, mais sont réversibles. On note par exemple des diarrhées, nausées, vomissements, douleurs abdominales, paralysie neuromusculaire progressive, convulsions, atteintes rénales et, enfin, détresse respiratoire. La colchicine est toxique à partir de 10 mg et mortelle au delà de 40 mg. La toxicité de la colchicine peut être majorée par l'association à certains médicaments.

Digitoxine ou digitaline

La digitoxine ou digitaline ou digitoxoside est un glycoside cardiotonique extrait de la digitale pourpre (Digitalis purpurea) et de la digitale laineuse (Digitalis lanata). Elle a été découverte par William Withering, un médecin et botaniste britannique. Comme tous les glycosides cardiotoniques, elle est toxique. On l'utilise dans le traitement de diverses affections du cœur comme l'insuffisance cardiaque. Elle renforce la contraction cardiaque, ralentit et régularise les mouvements du cœur.

Elle a également une action inotrope positive : elle augmente la force de contraction du muscle cardiaque ; chronotrope négative : elle diminue la fréquence cardiaque ; dromotrope négative: diminue la conduction cardiaque ; bathmotrope positive: augmente l'excitabilité ; enfin elle augmente le débit rénal (action diurétique et diminution des œdèmes).

Ses propriétés sont proches de celles de la digoxine. Au niveau cellulaire, elle inhibe le  sodium et le potassium, ce qui peut causer une hyperkaliémie, et engendrer les conséquences cliniques qui s'y rattachent. 

Quinine

La quinine, alcaloïde du quinquina, reconnue pour son action antipaludique, a également un effet analgésique et antipyrétique, et stimule également la sécrétion d'insuline. La Quinine est généralement utilisée dans la lutte contre la malaria, mais ses vertus ont également été reconnues dans le traitement des coliques ou des ulcères à l'estomac. Cependant, la molécule semble avoir d'autres propriétés. Deux chercheurs espagnols, Miquel Coll de l'Institut de Biologie Moléculaire de Barcelone (Consejo Superior de Investigaciones Cientificas) et Joan Aymami de l'Université Polytechnique de Catalogne, département d'ingénierie chimique, ont présenté récemment leurs études sur les propriétés antitumorales de la Quinine. Il s'agit désormais de vérifier l'efficacité de la molécule pour différentes formes de cancer. Les premiers résultats sont attendus dans cinq ans.
Sur le plan pharmacocinétique, la quinine, comme son isomère la quinidine qui est aussi active qu'elle contre le paludisme, est bien absorbée après administration orale. Ses indications sont le paludisme, plus particulièrement les formes résistantes aux autres antipaludiques.
 

Chloroquine

La chloroquine a, outre son effet antipaludique, une activité anti-amibiasique, en particulier sur les localisations hépatiques de l'amibe car elle se concentre dans le foie, ainsi qu'une activité antirhumatismale, en particulier dans l'arthrite rhumatismale et le lupus érythémateux. Sur le plan pharmacocinétique, sa demi-vie plasmatique longue, 10 à 30 jours, explique son utilisation en traitement discontinu, par exemple une prise par semaine au lieu d'une administration à posologie moindre tous les jours.

Ses effets indésirables sont des éruptions cutanées, une pigmentation ardoisée de la peau et la possibilité de troubles oculaires.  

Taxol

L'If (Taxus baccata Linné) est un arbre dont tous les tissus, hormis l'enveloppe rouge vif du fruit, sont toxiques. On en extrait le taxotère, ou taxol.

Le paclitaxel (Taxol) appartient à la famille des taxanes qui sont une nouvelle classe d'agents anticancéreux des plus prometteurs; leurs mécanismes d'action originaux les différencient des antimitotiques actuellement connus.
Le paclitaxel a été isolé en 1971 à partir de l'écorce du tronc de l'if du Pacifique (Taxus brevifolia) qui est un conifère que l'on retrouve surtout dans les anciennes forêts du nord ouest des Etats-Unis.
Le grand intérêt tient d'une part à un mécanisme d'action original au prix d'une toxicité actuellement bien contrôlée, et d'autre part à une efficacité dans les cancers devenus chimio résistants, en particulier, les cancers ovariens et du sein.
Les premiers essais en poly chimiothérapie s'avèrent encore plus prometteurs et le développement clinique du produit se poursuit dans de nombreux pays dont la France où il a déjà obtenu l'autorisation de mise sur le marché.

Son action anticancéreuse très efficace s'explique par une capacité à bloquer la division cellulaire ce qui empêche la division anarchique des cellules cancéreuses. Mais il est très difficile d'obtenir du taxol naturel en grande quantité. En effet, on ne le trouve que dans l'écorce des ifs et seulement à raison de 100 mg par kilo d'écorce. Son extraction nécessite le sacrifice de l'arbre et le traitement d'un seul patient nécessite d'abattre en moyenne 6 arbres centenaires : aux États-Unis, 12000 arbres seront abattus pour obtenir les 2 kg de taxol permettant de lancer les essais cliniques. A partir de 1995. Au cours de leur effort de synthèse du taxol, les chercheurs obtiennent un intermédiaire de synthèse deux fois plus efficace que le taxol contre certaines tumeurs; cette molécule sera commercialisée sous l'appellation taxotère.

Vinblastine : C46H58N4O9

La vinblastine et son sel, le sulfate de vinblastine sont des médicaments extraits de la pervenche de Madagascar (Catharanthus roseus). La vinblastine est utilisée dans le traitement du cancer du poumon, cancer du sein et les lymphomes. C'est un poison du fuseau mitotique qui inhibe la polymérisation de la tubuline en microtubules, ce qui bloque la division cellulaire et provoque donc la mort de la cellule.

Vincristine : C46H56N4O10

La vincristine(Oncovin) est un alcaloïde extrait de la pervenche de Madagascar (Catharanthus roseus) utilisé comme traitement de chimiothérapie.

La vincristine a pour effet d'empêcher la polymérisation des microtubules en se fixant sur les dimères de tubuline libre, comme par exemple, la colchicine.

La vincristine est utilisée en association dans le traitement :

·      Des lymphomes hodgkiniens et non hodgkiniens ;

·      Des leucémies aigues lymphoblastiques ;

·      Des rhabdomyosarcomes et ostéosarcomes ;

·      Du purpura thrombopénique idiopathique ;

·      Des cancers du col de l'utérus ;

·      Des tumeurs embryonnaires de l'enfant ;

·      Des sarcomes d'Ewing ;

·      Des néphroblastomes (tumeur de Wilms) ;

·      Des neuroblastomes ;

·      Des myélomes ;

·      Des cancers du sein et du poumon.

 Vinorelbine tartrate : C45H54N4O8 -2(C4H6O6) ; C53 H66 N4 O20

La vinorelbine tartrate est utilisée dans le traitement des cancers :

- Cancer du poumon non à petites cellules.
- Cancer du sein métastatique.

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